L’olivier
est présent en Provence depuis près
de 8000 ans avant JC des feuilles d’oliviers fossiles datées
de cette époque ont été retrouvées
au Nord d’Aix en Provence (le musée de l’olivier
de Nyons en possède un exemplaire), les Grecs puis les romains
ont développé les méthodes de cet arbre ainsi
que les méthodes de préparation et d'extraction
de l’huile d’olives. Dans le Nyonsais le vestige
le plus ancien, de la culture de l’olivier est une meule à huile
retrouvée
dans les fouilles d’une villa romaine datée du début
du 1 er siècle. Pendant deux millénaires cet arbre
a connu des phases de développements et de replis dus
notamment au gel particulièrement destructeur. Parmi les
plus importants 1709 1766 1789 1890. Ces fortes gelées
ont détruit les arbres les plus sensibles au froid. Au
fil des siècles une sélection variétale
d’oliviers résistants davantage au froid. La tanche
est devenue la variété unique d’oliviers
dans les Baronnies. Au XVII ème siècle l’olivier
occupait une place prépondérante dans les cultures
locales avant les céréales. La vigne quant à elle
ne concernait à cette époque
que quelques arpents de terre. Sa production ne faisait que très
peu l’objet de commerce contrairement à l’huile
d’olive. Le verger du Nyonsais et des Baronnies
est passé à cause
des grands gels. De 1 million d’arbres environ au début
du XX ème siècle à 500.000 arbres en 1929
puis de 250.000 arbres en 1956 et à 220.000 arbres en
1985. Toutes ces surfaces libérées par l’olivier
ont été remplacées par la vigne et les arbres fruitiers.
Les phénomènes successifs de gels liés au développement
des huiles de graines et à l’importation des pays du Maghreb et
de l’Europe du sud ont entraîné une très forte diminution
des vergers d’oliviers. Aujourd’hui le cœur
de la zone de production qui représente 60% du verger
se concentre sur sept communes Nyons Venterol Buis les Baronnies
Mirabel aux Baronnies la Roche sur le Buis et Piégon.
Actuellement 42% des oliviers sont situés en zone
dite de montage avec toutes les contraintes liées à la
pente et au découpage des coteaux par de grands ravins.
Cette topologie de vergers de collines a rendu obligatoire
le développement de terrasses pour éviter le
gaspillage de la moindre parcelle de terre arable et la lutte
contre l’érosion.Ce verger est constitué d’îlots
dans la plupart des zones concernées d’une superficie
moyenne voisine d’un demi-hectare et comportant 55
arbres environ. Ce morcellement explique que 75% des exploitants
de notre zone possèdent des oliviers alors que 61%
des agriculteurs possèdent de la vigne et 60% des
arbres fruitiers.L’olivier s’incorpore bien dans
la trilogie des cultures pérennes et bien que sa place
ait été sérieusement réduite,
il participe à l’économie agricole de
la région. Le recul des oliveraies au profit de la
vigne a été accentué par le classement
en AOC des Cotes du Rhône de la région de Vinsobres
(décret du 19 /11/1937) et de St Maurice (1949) mais
depuis l’obtention de l’A.O.C. pour le verger
d’oliviers, les plantations redémarrent.
Le Pont Roman NYONS
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